La célébration de la Journée internationale des banques ce 4 décembre de cette année 2025, est commémorée dans un contexte particulier à l’Est de la République démocratique du Congo où le circuit banquaire est arrêté depuis plus de dix mois, suite à la situation sécuritaire incertaine au Sud et au Nord-Kivu.
En effet, selon l’ONU, cette Journée met en lumière le rôle essentiel des banques multilatérales de développement, des banques internationales de développement et des systèmes bancaires nationaux dans la promotion du développement durable, le soutien à l’action climatique et l’amélioration du niveau de vie.
Cette approche est loin d’être une réalité à l’Est de la République démocratique du Congo. Dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu, les banques demeurent fermées dans les zones contrôlées par la rébellion de l’AFC-M23 depuis près d’une année, privant ainsi des milliers de familles à l’épargne, aux crédits et de tout service financier formel.
Cette situation fragilise davantage des communautés déjà affectées par le conflit armé, en contradiction directe avec les ambitions d’inclusion financière soutenues par les Nations-Unies.
Un opérateur économique de la ville de Bukavu qui s’est confié à notre micro en marge de cette Journée, explique qu’ils sont confrontés à des difficultés énormes. Ce qui affecte négativement au bon déroulement de leurs activités économiques.
« Aujourd’hui, nous opérateurs économiques, nous sommes en difficulté parce qu’on ne sait pas finalement quoi faire. Nous sommes dans une période non seulement où il est difficile où nos activités marchent, mais aussi on ne sait pas où garder le petit rien qu’on pourrait gagner. Nous sommes obligés de le garder à la maison avec toutes les conséquences nous exposant à toutes les formes d’insécurité, » s’est-il exprimé.
Face à cette situation, cet opérateur économique plaide pour la réouverture des banques dans la ville de Bukavu et dans toutes les zones où elles demeurent fermées à l’Est du pays suite à la guerre.
« C’est pourquoi nous prions aux autorités de pouvoir regarder dans la mesure du possible, de nous aider à rouvrir les banques, si non, si ça continue de cette façon, c’est vraiment le chaos,» a-t-il plaidé.
Notons que le thème de cette année 2025 s’appuie sur trois impératifs interdépendants : « financer une planète viable, combler le déficit de financement des ODD et renforcer la finance résiliente et inclusive ».
Christine Mwinja


