Après plusieurs incendies meurtriers enregistrés ces derniers jours à Bukavu (Sud-Kivu), la Coordination politique de l’AFC/M23 a réuni lundi 14 septembre un Conseil de sécurité élargi pour réfléchir aux moyens de prévenir de nouvelles tragédies dans la ville. La rencontre a été présidée par le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, aux côtés de son adjoint chargé des questions politiques, administratives, judiciaires et diplomatiques, Bertrand Bisimwa, et du gouverneur du Sud-Kivu, Patrick Busu Bwa Ngwi Nshombo.
Selon la cellule de communication du gouvernorat, plusieurs services et responsables impliqués dans la gestion de la sécurité et des infrastructures ont pris part aux échanges. Parmi eux figuraient les autorités administratives et urbaines, les chefs de quartiers, les responsables de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), de la Police révolutionnaire congolaise et des services de renseignement.
La Direction générale de migration (DGM), la Société nationale d’électricité (SNEL), la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), les services provinciaux des Finances ainsi que d’autres services techniques étaient également représentés.

Des facteurs de risque identifiés
Les participants ont d’abord présenté leurs condoléances aux familles endeuillées et exprimé leur compassion à la population de Bukavu, durement éprouvée par les pertes en vies humaines causées par les récents incendies. Les discussions ont ensuite porté sur les facteurs qui favorisent la propagation rapide du feu dans plusieurs quartiers de la ville. La promiscuité des habitations, les constructions anarchiques, l’absence de voies d’accès, les raccordements électriques non conformes et les installations solaires mal sécurisées ont notamment été pointés du doigt.
L’insuffisance des moyens d’intervention des services de secours a également été relevée comme l’un des principaux obstacles à une réponse rapide en cas de sinistre.
La SNEL appelée à renforcer les contrôles
Parmi les mesures retenues, la SNEL et les services techniques compétents sont appelés à renforcer le contrôle des raccordements électriques frauduleux ou non conformes. Les participants recommandent également un meilleur encadrement des installations de panneaux solaires. Ces travaux devraient, selon les recommandations issues de la réunion, être réalisés par du personnel qualifié et dans le respect des normes techniques.
Le Conseil préconise par ailleurs la remise en état des équipements anti-incendie disponibles et le renforcement des capacités d’intervention des services concernés. La mise en place d’un système d’alerte facilement accessible à la population figure également parmi les mesures proposées.
Les écoles parmi les zones prioritaires
Les établissements scolaires situés dans les zones à risque feront également l’objet d’une attention particulière. Les services compétents devront évaluer leurs conditions de sécurité et prévoir des mécanismes d’évacuation en cas d’incendie ou de catastrophe.
Une sensibilisation aux premiers gestes à adopter face au feu devra également être organisée auprès des élèves et du personnel scolaire.
Au-delà des interventions d’urgence, la réunion recommande une cartographie des zones à haut risque, la préservation des voies d’accès pour les secours et l’identification des sites impropres à la construction.
Une campagne de sensibilisation devrait enfin être menée sur la prévention des incendies, l’utilisation des extincteurs, les premiers secours, les dangers des raccordements frauduleux ainsi que la manipulation des produits inflammables.
La Coordination politique de l’AFC/M23 demande aux services publics chargés de l’urbanisme et de la sécurité d’engager les premières mesures sans délai. Un mécanisme de suivi devrait permettre d’évaluer leur mise en œuvre et, à terme, de réduire le risque de nouveaux incendies meurtriers à Bukavu.
Rédaction


