La société civile sous noyau du groupement de Mumosho, dans le territoire de Kabare (Sud-Kivu) condamne fermement un acte de justice populaire ayant coûté la vie à une femme accusée de sorcellerie. La victime, âgée de 67 ans, aurait été brûlée vive samedi 12 septembre 2026 à Mumosho-Centre, dans le sous-village de Cishadu.
Dans un communiqué publié lundi 14 septembre, et consulté par notre rédaction, cette structure citoyenne appelle la population au calme et l’exhorte à éviter toute forme de violence liée aux accusations de sorcellerie.
Selon André Cizungu, président de la Société civile à Mumosho, la victime, identifiée comme M’Namushugo Fidélité Byaba Deux, était veuve. Elle aurait été accusée par certains habitants de Mumosho d’avoir ensorcelé plusieurs personnes.
Ces accusations auraient également provoqué des menaces contre d’autres habitants. Des responsables locaux et des défenseurs des droits humains se seraient mobilisés pour protéger certaines personnes prises pour cibles.
André Cizungu indique que plusieurs personnes menacées, parmi lesquelles deux enfants, ont été transférées à Bukavu par les services de sécurité afin d’assurer leur protection.
La société civile demande aux autorités de prendre des mesures pour protéger les personnes exposées à ces violences, prévenir de nouveaux actes de justice populaire et faire la lumière sur les circonstances de la mort de la victime.
Elle recommande à toute personne confrontée à un cas de suspicion ou d’accusation de sorcellerie de saisir les autorités compétentes, les cadres de base ou les leaders religieux, plutôt que de recourir à la violence.
Les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains demandent enfin que les personnes présumées impliquées dans ces violences soient identifiées et répondent de leurs actes devant la justice, conformément à la loi.
Juvénal MUTAKATO


