Des familles dans un camp de déplacés à l’Est de la RDC, en janvier 2003. Photo Don John Bompengo
Huit cas suspects de choléra, dont un décès, ont été signalés en l’espace de deux jours dans le camp des déplacés de Lulambo, dans le groupement de Walowalwanda, territoire de Walikale, au Nord-Kivu. L’alerte est lancée ce jeudi 10 septembre par Katana Monde, infirmier titulaire du centre de santé de Matutira de Ziralo, actuellement délocalisé dans cette zone. D’après ce prestataire de santé, les cas ont été enregistrés entre mardi 8 et mercredi 9 septembre.
Cette situation suscite des inquiétudes dans ce camp où les personnes déplacées vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Le manque de médicaments et d’autres intrants médicaux complique davantage la prise en charge des patients.
Katana Monde explique que la faible capacité de la structure sanitaire contraint parfois les prestataires à remettre des ordonnances aux accompagnateurs des malades afin qu’ils puissent se procurer les médicaments et autres produits nécessaires ailleurs.
Une situation qui devient particulièrement préoccupante pour les familles vivant dans des zones isolées.
« La prise en charge est très faible, nous n’avons pas de médicaments. Nous sommes en train de donner des ordonnances aux gardes malades, mais pour trouver les liquides dans la forêt où nous sommes, c’est très difficile, » déplore Katana Monde.
Le prestataire sanitaire craint une augmentation rapide du nombre de cas si une intervention urgente n’est pas mise en place pour renforcer la prise en charge et la prévention de la maladie.
Face à cette situation, Katana Monde appelle les organisations humanitaires à renforcer leur assistance médicale en faveur des populations de Ziralo, particulièrement celles restées dans des zones difficiles d’accès après les affrontements.
L’accès aux soins est également affecté par la fermeture de plusieurs structures sanitaires dans cette partie du territoire de Kalehe. Le centre hospitalier de Kusisa figure notamment parmi les structures qui auraient cessé de fonctionner.
Pour les acteurs sanitaires en fuite vers le territoire voisin de Walikale, le renforcement urgent des médicaments, des intrants et des capacités de prise en charge apparaît nécessaire afin d’éviter une aggravation de la situation dans les camps de déplacés.
Nelson KITUMAINI


