La suspension des activités académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Bukavu et Goma continue de susciter des réactions. La dernière en date vient de Muhindo Kasekwa Jean-Baptiste, vice-président national de l’ECiDé et ancien député national du Nord-Kivu.
Dans une correspondance adressée le 1er septembre, au président de l’Assemblée nationale, Muhindo Kasekwa sollicite l’intervention de la représentation nationale afin d’obtenir la reconsidération de cette mesure prise par le gouvernement.
Il demande notamment l’interpellation du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire pour que la suspension des activités académiques dans les établissements publics concernés soit réexaminée, tout en privilégiant les démarches diplomatiques.
Pour cet acteur politique, la décision gouvernementale risque d’aggraver les difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants et leurs familles dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon lui, de nombreux étudiants de Bukavu et Goma sont originaires de territoires affectés par les violences et la précarité économique. Leur orientation vers des établissements privés pourrait ainsi imposer aux familles des frais académiques qu’elles ne sont pas en mesure de supporter.
Le gouvernement congolais avait annoncé, fin août, des mesures conservatoires, ciblées et temporaires concernant onze établissements publics de Bukavu et Goma. Cette décision fait suite, selon les autorités, à l’ingérence de l’AFC/M23 dans le fonctionnement de certaines institutions universitaires, notamment à travers l’éviction de comités de gestion régulièrement investis et l’installation de responsables dans des fonctions académiques.
Kinshasa affirme que ces mesures visent à protéger les étudiants, préserver la régularité de leurs parcours académiques et garantir la valeur de leurs diplômes. Le gouvernement assure également qu’il ne s’agit ni d’une fermeture générale de l’enseignement supérieur dans les deux provinces, ni d’un abandon des étudiants.
Mais Muhindo Kasekwa estime que cette décision porte un coup dur à la communauté universitaire. Il dénonce notamment les conséquences de la suspension sur l’achèvement de l’année académique 2025-2026, particulièrement la tenue des examens de seconde session.
Il évoque également la situation de près de 44 000 étudiants de Bukavu et Goma ainsi que celle de milliers de membres des personnels académique, scientifique, administratif et ouvrier des établissements concernés.
Dans son plaidoyer, l’ancien député demande par ailleurs que la question de la continuité de l’éducation dans les zones affectées par le conflit soit portée auprès de plusieurs organisations internationales, notamment le Conseil de sécurité des Nations unies, l’UNESCO, l’Union africaine, la SADC et l’EAC.
Il appelle enfin les autorités du Qatar et les partenaires impliqués dans la médiation de Doha à encourager Kinshasa et l’AFC/M23 à garantir l’accès des populations civiles aux services essentiels, particulièrement l’éducation et la santé, dans les zones touchées par le conflit.
Pour Muhindo Kasekwa, la continuité de l’enseignement supérieur demeure ainsi un enjeu majeur pour la jeunesse de l’Est de la République démocratique du Congo, malgré le contexte sécuritaire difficile.
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