Alors que la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola mobilise d’importants moyens en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle dans un communiqué de presse publié ce vendredi 14 août, à ne pas reléguer au second plan les autres urgences sanitaires qui persistent dans l’Est du pays.
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le choléra, la rougeole, le paludisme ainsi que les conséquences des conflits continuent de menacer les populations, dans un contexte marqué par les déplacements et les difficultés d’accès aux soins.
Selon les données officielles citées par MSF, plus de 108 643 cas suspects de rougeole, dont 1 394 décès, ont été enregistrés en RDC entre janvier et le 19 juillet 2026. Plus de 50 820 cas étaient concentrés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Le choléra reste également préoccupant. Le pays comptait plus de 35 464 cas suspects et 1 051 décès, dont 14 819 cas recensés dans les deux provinces du Kivu.
Face à ces épidémies, MSF affirme avoir mené six interventions contre la rougeole au Nord et au Sud-Kivu, permettant de prendre en charge plus de 12 050 patients et de vacciner plus de 283 150 enfants.
L’organisation poursuit également la prise en charge des malades du choléra à Bukavu et Shabunda, au Sud-Kivu, ainsi qu’à Goma, au Nord-Kivu. Plus de 2 410 personnes atteintes du choléra ont déjà été soignées dans les structures soutenues par MSF.
« Ebola est une urgence majeure, mais ce n’est pas la seule. Chaque jour, nous recevons aussi des patients atteints de diverses maladies, des personnes blessées par les combats ou des survivantes de violences sexuelles. Pour ces communautés, toutes ces urgences coexistent et nécessitent une réponse simultanée, » explique Joshua Eckley, chef de programmes de MSF au Sud-Kivu.
MSF s’inquiète également de la situation du paludisme, qui demeure, selon l’organisation, la première cause de morbidité en RDC.
Le possible retrait du Nord-Kivu du prochain cycle triennal de financement du Fonds mondial consacré à la lutte contre cette maladie pourrait, estime-t-elle, fragiliser davantage l’accès aux soins.
Pour MSF, l’enjeu est donc de maintenir la continuité des soins malgré la priorité accordée à Ebola.
« Pour les familles que nous soignons, il n’existe pas de hiérarchie entre les crises. Qu’un enfant meure de la rougeole ou du paludisme, qu’une personne succombe au choléra ou à la maladie d’Ebola, chaque vie compte, » souligne le Dr Yvan Mbangi, coordinateur médical adjoint de MSF à Goma.
L’organisation appelle ainsi les autorités, les bailleurs de fonds et les acteurs humanitaires à maintenir et renforcer les financements destinés aux différentes urgences sanitaires dans l’Est de la RDC, afin d’éviter que la lutte contre Ebola ne se fasse au détriment des autres besoins de santé.
Juvénal MUTAKATO


