Une vive tension règne depuis mercredi 8 juillet dans la ville de Baraka, territoire de Fizi (Sud-Kivu), après la découverte du corps sans vie d’un conducteur de taxi-moto tué par balle. La population accuse des éléments de l’unité « Hiboux » des FARDC d’être impliqués, des allégations qui n’ont pas encore été confirmées officiellement.
Selon nos sources, ce corps sans vie présentait une blessure par balle à la poitrine dans le quartier Kalundja, dans la nuit du mardi 7 juillet. Des sources locales, la victime était un conducteur de taxi-moto connu dans la région. Il revenait d’Uvira en direction de Baraka lorsqu’il serait tombé entre les mains d’hommes armés.
Des sources non officielles rapportent que les assaillants auraient exigé la remise de son téléphone, de sa carte SIM ainsi que de son argent. Face à son refus présumé, ils lui auraient tiré dessus, entraînant sa mort sur place.
La nouvelle de cet assassinat a provoqué la colère de la population de Baraka qui a manifesté son indignation et attribué la responsabilité de cet acte aux éléments de l’unité « Hiboux » des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ces accusations restent toutefois à vérifier auprès des autorités militaires compétentes.
Dans une déclaration, la société civile Forces-vives du territoire de Fizi affirme que des jeunes en colère auraient retrouvé quatre militaires de cette unité cachés dans un canal. L’un d’eux aurait été maîtrisé par la foule, tandis que trois autres auraient été exfiltrés de justesse.
Pour cette structure citoyenne, ces incidents illustrent davantage la crise de confiance entre la population et certains services de sécurité dans cette partie du Sud-Kivu.
Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire déjà préoccupant dans le territoire de Fizi. Depuis avril 2026, plus de 87 motos auraient été pillées par des hommes armés sur la route nationale numéro 5, tronçon Baraka-Uvira, selon des associations de transporteurs.
Certains usagers de cette route accusent également des éléments des FARDC et des groupes d’autodéfense Wazalendo déployés pour sécuriser l’axe d’être impliqués dans certaines exactions, des accusations qui nécessitent des enquêtes approfondies.
La reprise des affrontements entre les forces loyalistes et les rebelles du M23 dans les hauts plateaux de Fizi contribue également à maintenir un climat d’instabilité dans la zone. Cette montée des violences a provoqué le déplacement de plusieurs habitants des villages Lukoke, Lusenda et Bitobolo vers des localités voisines, selon des sources locales.
Par ailleurs, la ville de Baraka et plusieurs zones du territoire de Fizi restent privées de réseaux de télécommunications depuis près d’une semaine, une coupure qui complique davantage la situation des populations confrontées aux conséquences de l’insécurité.
David Aluta, (stagiaire)


