Un total de 303 blessés ont été admis dans les cinq hôpitaux soutenus par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) entre le 15 mai et le 15 juin 2026. Selon l’organisation, ce chiffre représente une hausse d’environ 30 % des admissions par rapport à la période allant du 15 avril au 14 mai.
Les hôpitaux soutenus par le CICR affichent à nouveau des taux d’occupation des lits proches de la saturation.
Alors qu’une épidémie d’Ebola sévit dans certaines parties du pays, le CICR craint que cette crise sanitaire n’occulte les besoins humanitaires toujours immenses des populations affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence.
« La crise sanitaire provoquée par la maladie à virus Ebola n’a pas freiné les urgences médicales liées aux conflits. Bien au contraire, nos équipes chirurgicales sont constamment sous pression, avec des admissions continues de blessés par armes, » explique Moussa Badji, coordinateur médical du CICR en RDC.
Le CICR indique que les hôpitaux de Bukavu, Uvira et Fizi, dans la province du Sud-Kivu, ont pris en charge 170 blessés, soit 56 % des patients admis dans les structures soutenues par l’organisation. Cette situation témoigne, selon elle, d’une intensification des hostilités dans la région des Hauts Plateaux.
Cette 17ᵉ épidémie d’Ebola vient renforcer la vulnérabilité de populations déjà fragilisées par les conflits armés, les déplacements forcés et les difficultés d’accès aux services essentiels.
Pour le CICR, dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, l’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées continue d’avoir de graves conséquences humanitaires sur les populations civiles. Elle provoque des morts et des blessés, tout en contaminant des terres, y compris des espaces agricoles, par des restes explosifs de guerre.
L’organisation rapporte également que plus de 16 % des patients pris en charge dans les hôpitaux qu’elle soutient sont victimes de blessures causées par des explosions.
La propagation du virus dans des zones touchées par les hostilités pourrait accentuer les difficultés d’accès aux soins et souligne l’importance de préserver un espace humanitaire sûr et accessible pour les malades ainsi que pour les équipes engagées dans la riposte.
« Les conflits armés associés aux épidémies constituent une combinaison potentiellement dévastatrice. Dans ce contexte critique, il est essentiel que les parties aux conflits agissent avec responsabilité afin d’assurer une coopération sanitaire et une coordination optimale, ainsi que toute mesure susceptible de faciliter l’action des organisations humanitaires et le passage rapide et sans entrave de l’assistance humanitaire. Cela est indispensable pour garantir que les malades et les blessés puissent recevoir des soins médicaux appropriés dans les plus brefs délais, »affirme François Moreillon, chef de délégation du CICR en RDC.
Entre janvier et mai 2026, près de 1 400 blessés par armes ont été soignés dans les cinq hôpitaux soutenus par le CICR dans les Kivu, notamment à l’Hôpital général de référence de Beni et à l’Hôpital CBCA Ndosho de Goma, (Nord-Kivu), ainsi qu’à l’Hôpital provincial général de référence de Bukavu, à l’Hôpital général de référence d’Uvira et à l’Hôpital général de référence de Fizi,(Sud-Kivu.
Juvénal MUTAKATO


