La situation des droits humains en République démocratique du Congo demeure préoccupante. Dans sa note mensuelle de mars 2026, le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) fait état d’une aggravation du contexte humanitaire et sécuritaire, marquée par une augmentation des violations des droits fondamentaux, particulièrement dans les provinces affectées par les conflits armés dans l’Est du pays.
Selon ce rapport consulté par notre rédaction le BCNUDH a documenté 524 violations et atteintes aux droits humains au cours du mois de mars 2026, contre 478 en février, soit une hausse de 13 %.
Cette augmentation est attribuée notamment à l’intensification des combats et à l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Maniema concentrent à elles seules plus de 80 % des cas recensés.
Le rapport met également en lumière la persistance des violences sexuelles liées aux conflits armés. Au moins 46 cas ont été documentés en mars, touchant 70 victimes, majoritairement des femmes et des filles. Bien que ce chiffre soit inférieur à celui enregistré en février, le BCNUDH estime que cette baisse pourrait être liée aux difficultés d’accès aux zones affectées plutôt qu’à une amélioration réelle de la situation.
Les groupes armés restent les principaux auteurs de ces violences, responsables de près des deux tiers des cas documentés. Toutefois, des acteurs étatiques sont également impliqués dans plusieurs incidents signalés par l’organisme onusien.
La note relève par ailleurs une détérioration de l’espace civique. Vingt-et-une violations liées aux libertés publiques ont été enregistrées au cours du mois, touchant notamment des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres acteurs de la société civile.
Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires et politiques croissantes.
Face à ces défis, le BCNUDH poursuit ses actions de protection et de sensibilisation. En mars 2026, plusieurs défenseurs des droits humains et journalistes ont bénéficié d’un accompagnement en matière d’autoprotection et de plaidoyer. L’organisation a également mené des formations à travers le pays au profit de centaines de participants issus de la société civile, des institutions publiques et des forces de sécurité.
Elle appelle enfin les autorités congolaises à renforcer la lutte contre l’impunité et à garantir la protection des populations civiles, particulièrement dans les zones touchées par les conflits armés.
Pacifique Mulemangabo


