Le Bureau conjoint des Nations-unies aux droits de l’homme (BCNUDH) condamne l’attaque meurtrière perpétrée contre un campement de peuples autochtones »Mbuti » à Ngadi, dans la commune de Ruwenzori, à Beni (Nord-Kivu) dans la nuit du 30 au 31 mai. Dans un communiqué publié à Kinshasa le 2 juin, le BCNUDH rappelle l’obligation du gouvernement congolais à garantir la sécurité de tous les civils, avec une attention particulière aux groupes historiquement marginalisés et particulièrement vulnérables en période de conflit armé.
Le communiqué consulté par notre rédaction ce jeudi renseigne que les informations parvenues au BCNUDH, cette attaque violent, commise par les éléments des Forces démocratiques alliées (ADF), a couté la vie à au moins sept civils, dont six membres de la communauté autochtone Mbuti, parmi lesquels figurait une femme. « Le comédien et artiste Shukrani Nzanzu Mangese, tué aux côtés de plusieurs membres de sa famille, fait aussi partie des victimes ».
Le communiqué fait également mention de plusieurs disparues. Face à ce drame, l’organisation exprime ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à l’ensemble de la communauté des peuples autochtones Mbuti, durement éprouvée par cette attaque.
Cette nouvelle violence s’inscrit dans un contexte persistant d’insécurité et d’exactions ciblées dans le territoire de Beni. Cette situation accentue la vulnérabilité multidimensionnelle des peuples autochtones, déjà confrontés à des déplacements forcés hors de leurs terres ancestrales, leur milieu de vie naturel, ainsi qu’à un accès limité à l’assistance humanitaire.
Le BCNUDH rappelle dans son communiqué qu’en 2022, la RDC s’est dotée d’une loi portant »protection et promotion des droits des peuples autochtones ». De ce fait, cette organisation onusienne estime que les autorités congolaises ont »l’obligation de garantir la sécurité de tous les civils avec une attention particulière aux groupes historiquement marginalisés et particulièrement vulnérables en période de conflit armé ».
Depuis le début de l’année, plus de 300 civils ont été sommairement exécutés par les ADF dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Ainsi, le BCNUDH exhorte les autorités à ouvrir »immédiatement une enquête indépendante, prompte et impartial » dans les circonstances de cette attaque, afin d’identifier les auteurs et les traduire devant la justice. L’organisation estime qu’il est nécessaire de renforcer la protection des civils et sécuriser les campements et zones de vie des peuples autochtones. Elle appelle également à la prise en charge et une assistance humanitaire d’urgence aux rescapés et aux familles affectées par cette tragédie.
Par ailleurs, le BCNUDH réaffirme son engagement constant aux côtés des institutions de la RDC et de la société civile en faveur de la promotion et la protection des droits humains, ainsi que de la lutte contre l’impunité dans le pays.
Juvénal MUTAKATO


