La société civile de Mwenga (Sud-Kivu) accuse certains soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que des Wazalendo (VDP) d’être impliqués dans des actes de torture, de meurtres et de pillages. Une série d’abus dénoncée dans un communiqué publié en fin de semaine.
Selon notre source, cette situation accentue le climat de collaboration entre la population et les forces de l’ordre depuis quelques jours dans cette partie de la province du Sud-Kivu. Le président de la société civile de Mwenga, Lungele Itebo, appelle les autorités à protéger les civils et leurs biens :
« Suite aux abus constatés dans la partie sous contrôle du gouvernement central, le bureau de la société civile forces vives du territoire de Mwenga lance un appel citoyen à la protection des civils et de leurs biens, à travers une dénonciation populaire pour lutter contre le phénomène »longola schéma na téléphone nayo” ,» a-t-il écrit.
Cette expression, largement connue dans la région, renvoie à des pratiques d’extorsion, de menaces ou de confiscation de téléphones par certains membres des forces de défense et sécurité ainsi que les combattants volontaires Wazalendo.
Face à ces dénonciations, l’administrateur du territoire affirme avoir été officiellement saisi et promet une rencontre urgente avec l’autorité militaire locale. Ishikitilo Mao, dit comprendre l’indignation de la population et affirme avoir immédiatement pris des mesures pour interpeller la hiérarchie militaire : « Je venais de recevoir la lettre de la société civile qui parle de cette situation de certains militaires indisciplinés, et directement nous avons convoqué une réunion avec les autorités militaires pour essayer de juguler cette situation, » a-t-il indiqué.
Selon lui, une rencontre avec le commandement militaire doit permettre d’identifier les responsables des abus et de rétablir la confiance entre civils et forces de défense.
Le commandant FARDC en charge du secteur de Mwenga admet la présence de « brebis galeuses » au sein de ses troupes. Il reconnaît avoir déjà sanctionné trois éléments, dont un volontaire Muzalendo, transférés auprès de l’État-major à Kisangani.
Ces abus mettent en lumière les graves violations des droits humains commises par les forces gouvernementales, dans une région comme le territoire de Mwenga, déjà fragilisé par les conflits armés.
Juvénal MUTAKATO


