Walungu : Faute d’accès aux soins médicaux, la société civile déplore des cas de décès à domicile


Deux semaines après le déclanchement de la grève des infirmiers, la situation dans les structures sanitaires en territoire de Walungu dans la province du Sud-Kivu s’empire davantage. Certaines structures privées victimes des menaces de la part de la zone de santé de Walungu ferment les portes. D’autres, par ailleurs, travaillent clandestinement. Par conséquent, les malades sont abandonnés à leur triste sort ; ce qui occasionne d’importante perte en vies humaines.

Selon Emmanuel Balolage, président de la société civile Walungu, désormais, les infirmiers grévistes ne s’occupent plus des patients, sauf des cas graves.

« Les deux premières semaines, les infirmiers étaient en grève mais ils exerçaient un service minimum, c’est-à-dire qu’ils s’occupaient des malades jusqu’à dix heures et surtout ceux-là qui étaient dans un état critique. Et maintenant, ils se sont rendus compte qu’aucune solution n’a été envisagée de part du ministère, ils ont durci finalement la grève jusqu’à s’abstenir complètement de venir à l’hôpital. Jusqu’à présent les malades sont abandonnés à leur triste sort sauf ceux-là qui sont dans des soins intensifs où les médecins sont réguliers. D’autres sont en difficultés », déplore-t-il.

Certaines structures sanitaires privées, affirme-t-il, sont sommées de fermer leurs portes.

« …d’autres sont fermées mais d’une manière non officielle. Alors les malades qui se faisaient soigner dans ces structures privées sont aussi en difficultés. Et par conséquent certains d’entre eux commencent à mourir dans leurs propres maisons parce qu’ils n’ont plus accès aux soins », ajoute-t-il.

Le Président de la société civile plaide pour l’implication de l’autorité sanitaire en province pour une solution immédiate afin de prévenir d’autres cas de décès.

 « Nous, on pense qu’il aurait fallu que l’autorité puisse prendre en charge ces problèmes pour trouver vite une solution », exhorte-t-il.

Pour reprendre correctement le travail, ces infirmiers réclament une bonne condition de travail et une rémunération répondant au SMIG (salaire minimal interprofessionnel garantie) comme ils l’avaient annoncé lors de la commémoration de la journée mondiale des infirmiers.

Gisèle Banywesize

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