Nord-Kivu : la notabilité de la province lance la pétition de l’Unité du Nord-Kivu


La nouvelle s’est répandue telle une trainée de poudre au Kivu. Une organisation non gouvernementale dénommée « Agence Francophone Ecolo » a lancé à partir de Kinshasa une pétition pour la balkanisation du Nord-Kivu ou mieux sa subdivision en deux provincettes.

Prenant le contre-pied de cette démarche, la notabilité de la province du Nord-Kivu projette de lancer le vendredi  04 Mai 2018 à Goma, la pétition de l’Unité du Nord-Kivu pour dire non à la balkanisation de cette province.

« Nous avons pensé ériger un obstacle à cette idée. C’est pourquoi le vendredi la notabilité du Nord-Kivu, déclenche le début de la signature d’une contre pétition afin d’anéantir les velléités de la balkanisation et démontrer aussi que le peuple du Nord-Kivu n’a jamais demandé un nouveau découpage de la province. Le Munande veut rester à côté de Muhutu, Mututsi, Munianga, Mukanu, etc. La force du Nord-Kivu, réside dans la diversité de sa population notamment sur le plan linguistique, culturel, a déclaré ce mardi à Jambordc.info, Me Jean-Paul Lumbulumbu, point focal de la Notabilité du Nord-Kivu, avant de renchérir :

« Nous appelons le peuple du Nord-Kivu a signé massivement la pétition de l’unité du Nord-Kivu pour faire montre à l’opinion tant nationale qu’internationale que le peuple du Nord-Kivu est un peuple pacifique qui veut demeurer dans l’unité ».

A l’en croire, les initiateurs de cette pétition sont les hommes politiques sans les citer nommément.

« Nous les connaissons bien, ils se sont cachés pour utiliser une organisation non gouvernementale. Mais aussi, au lieu que la pétition soit lancée ici au Nord Kivu par  les fils et filles de la province, curieusement la pétition va être lancée à Kinshasa. Cela démontre une certaine manipulation de certains politiques pour faire croire à l’opinion que la population du Nord-Kivu a besoin d’un nouveau découpage.  Lorsqu’il faut analyser les raisons qui sont avancées par les initiateurs de la pétition pour la partition du Nord-Kivu, ils se refugient derrière l’idée de la pacification et de la sécurité. Comme pour dire ce n’est qu’avec  la scission de la province que le Nord-Kivu va recouvrer la paix et la sécurité. Nous pensons que les vraies raisons sont essentiellement politiques », a-t-il soutenu.

Mais ce qui étonne la notabilité du Nord-Kivu, c’est la démarche de cette organisation non gouvernementale qui interfère dans un dossier purement politique.

« Nous nous posons la question de savoir depuis quand une organisation non gouvernementale peut s’immiscer dans des questions essentiellement politiques. Parce que là il s’agit d’une question éminemment politique dont les responsables sont d’une même communauté », martèle maître Lumbulumbu.

Il prévient que la province du Nord-Kivu a toujours été considérée comme le ventre mou de là où partent toutes les guerres qui instabilisent la République Démocratique du Congo. Laisser libre court à une telle initiative cela pourrait avoir un effet d’entrainement dans d’autres provinces.

« Ceux qui sont au Congo Central, Kasaî,etc peuvent aussi dire que nous voulons avoir notre province et cela va instabiliser l’ensemble de la République Démocratique du Congo alors que nous traversons déjà une période de fragilité assez grave qui est provoquée par la crise de légitimité et des animateurs des institutions », indique-t-il.

Outre la pétition de l’unité du Nord-Kivu, la Notabilité de cette province entrevoit d’autres pistes pour empêcher à tout prix la démarche d’un nouveau découpage.

« D’autres actions prévues, c’est  d’entrer en contact avec les responsables des différentes communautés pourqu’ensemble nous puissions barrer la route à cette initiative dont l’objectif est tout simplement de déstabiliser non seulement le Nord-Kivu mais aussi la République démocratique du Congo ».   

En 19982, le président Mobutu avait déjà fait le premier découpage du grand-Kivu qui comprend aujourd’hui le Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu. En 2006, le pays a connu un nouveau découpage. La Rdc  est passée de 11 à 26 provinces, tel que stipulé par la constitution.

De notre envoyé spécial à Goma, Eugide Abalawi Ndabelnze

 

 

 

   

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