Mbobero (Sud-Kivu) : Démolira-t-il, démolira pas ce 10 juin ?


Des rumeurs circulent faisant état de nouvelles démolitions envisagées ce 10 juin à Mbobero en territoire de Kabare dans la province du Sud-Kivu. Les 55 maisons qui ont échappé en avril dernier, grâce à la mobilisation populaire et à certains défenseurs des droits humains risqueraient d’être réduites en cendre ce dimanche 10 juin. C’est, selon la dernière correspondance du ministre national des Affaires foncières en février qui demande au reste des habitants de quitter le lieu avant cette date.

En effet, après 47 maisons et un hôpital démolis en 2016, 180 autres avaient été complétement rasées en février dernier sur le site « acheté par le Président Kabila  à Mbobero », jetant ainsi près de 2500 personnes dans la rue, selon la Nouvelle dynamique de la Société civile (NDSCI). D’autres, évaluées à une cinquantaine, étaient restées et servent désormais d’abris à certaines familles victimes.

D’après les témoins, ces habitations seraient déjà encerclées ensemble avec l’école primaire Kachuba et le collège Sainte Anne, pour être rasées le 10 juin ; ce qui suscite de tension dans le chef de la population et obscurcit de plus en plus la vie de cette partie de la province du Sud-Kivu.

« Nous pressentons qu’à un certain moment, il y aura une révolte parce que la patience des gens a des limites. (…) La colère est là, mais tacite car on ne veut pas vivre le scenario du Kasaï à Mbobero (…) Mbobero a un avenir sombre », s’exprime ainsi le Porte-parole du comité de crise des victimes de démolitions des maisons à Mbobero, Baguma Matthieu.

Face à la résistance de la population sous le label des défenseurs des droits humains, il s’est créé un bras de fer entre le citoyen Joseph Kabila « acheteur » et les habitants « se réclamant détenteurs ». Pour assurer le contrôle du site, différentes factions de militaires y ont été déployées et dont leur présence reste inquiétante au regard des griefs dont les habitants les chargent.

Pour mettre un terme à ce problème et épargner la population de toutes les conséquences y afférentes, les victimes exigent au nouvel acquéreur d’indemniser familles pour qu’elles se procurent de nouvelles terres où ériger, désormais, leurs demeures.

« Que le Président nous donne un autre endroit et nous construise des maisons, là où le climat est le même qu’à Mbobero. (…) Qu’il rembourse ces gens, en leur donnant une somme correspondant à la valeur de la terre et de leurs maisons pour qu’ils les bâtissent à nouveau sur leur terre. Et qu’ils y vivent en citoyens libres, pas dans sa clôture. L’école a été bâtie pour les gens, pour qu’ils y entrent. Que Ste Anne soit libre et que les gens puissent rentrer dans leurs champs et rebâtir leurs maisons », exige-t-il.

Christine Furaha

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