Il a mangé la viande d’un porc, il se retrouve en prison


Charpentier de son état, le jeune homme Baraka Fanaka, habitant l’avenue Pésage II au quartier Nyalukemba dans la ville de Bukavu, est en détenu à la prison centrale de Bukavu depuis près de trois semaines. Pour cause, il est accusé d’avoir partagé la viande d’un porc de son voisin.

Des sources voisines de la victime, nous apprenons que le porc aurait été emporté par les eaux de pluie dans le canal communément appelé « Kaluziba ». Ramassé, le porc aurait été partagé par les voisins en présence du propriétaire, qui, trois jours plus tard, a chargé Baraka d’avoir égorgé le porc sans son aval.

« Baraka est accusé faussement. Le porc était retrouvé mort dans le caniveau et a été partagé par nous tous en présence de monsieur Bwiza [le propriétaire, NDLR]. Trois jours après, nous avons vu des Polices militaires (PM) venir  nous arrêter et sont partis avec Baraka au motif qu’il a égorgé le porc à l’insu du propriétaire. Il est à la prison centrale sans procès, ça fait presqu’un mois », a confié une source proche de la famille Baraka.

« Nous sommes nombreux qui avons mangé de cette viande. Celui qui se dit propriétaire était présent quand nous l’égorgions, mais comme lui voulait avoir une grande part, il est allé se plaindre chez son cousin qui est militaire, un colonel (…) en vérité, ce garçon n’est qu’une victime », a soutenu un des voisins.

Etonné, notre source révèle que pour une affaire d’un porc mort suite à une pluie diluvienne, 28 personnes ont été poursuivies par la police. Huit  d’entre eux, auraient  offert des pots de vin aux services de l’ordre pour échapper à la prison. D’autres n’ayant pas observé la règle du jeu, vivent clandestinement dans cette avenue.

« Moi j’ai déjà payé pour cette affaire 70 dollars et un porc. Les autres ont payé entre 25 et 50 dollars. Il y a même ma voisine qui a été obligée d’abandonner sa famille pendant une semaine car elle n’avait pas quoi donner à la police », a expliqué une autre victime jugeant anormale la détention du jeune homme Baraka.

« Tenez, ce n’est  normal qu’un jeune homme de 18 ans soit  incarcéré parce que simplement il n’a pas  qui peut le soutenir ! C’est un innocent », a-t-il déploré.

Craignant de voir le présumé Baraka Fanaka passer le reste de sa vie en prison, nos sources  crient au secours des personnes de bonne volonté.

Séraphin Mukengere

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