Edito : Vous avez dit dialogue ?

La situation politique en République Démocratique du Congo est tendue. Plus le temps passe, plus la classe politique continue d’être divisée. S’il faut compter du bout des doigts, moins de 80 jours restent au compteur pour atteindre le jour annoncé de la tenue des élections le 23 décembre prochain.

Cette date, sans surprise, est plus qu’attendue par la population qui entend expérimenter le troisième cycle du processus au pays après les élections de 2006 et 2011. Mais, seulement, jusque-là, des contradictions perdurent sur la qualité de ces élections. Des voix s’élèvent de partout.

De l’opposition jusqu’à la société civile, en passant par la communauté internationale. Alors que la grande partie de la classe politique affûte ses griffes pour la campagne électorale tel que prévu dans le calendrier électoral publié par la CENI depuis le 5 novembre, il semble qu’une précampagne s’annonce dans le monde politique congolais.

Tenez ! Le Comité Laïc de Coordination a, depuis hier dimanche 7 octobre, lancé la campagne contre la machine à voter et le fichier électoral accusé de contenir des fictifs. Cette campagne dont le communiqué a été rendu public  depuis le 5 octobre 2018, prévoit ainsi de mobiliser les provinces, villes, territoires et quartiers contre l’utilisation de la machine à voter et le fichier électoral.

Où va-t-on donc ? A l’allure où vont les choses dans le pays de Lumumba et Mzee L.D KABILA, peut-on espérer une tenue effective des élections le 23 décembre, conformément au calendrier de la CENI ? Difficile à affirmer.

Par ailleurs, le CLC prévoit une mobilisation jusqu’en décembre si la Commission Electorale Nationale Indépendante coiffée par Nangaa Yobeluo n’arrive pas à mettre à l’écart la machine à voter et à nettoyer le fichier électoral des 16,6 % d’électeurs sans empreintes, qualifiés d’électeurs fictifs acquis pour gonfler les voix des candidats du FCC.

Tout compte fait, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU en mission spéciale à Kinshasa a rencontré les parties prenantes au processus en cours pour tenter de recueillir leurs avis sur les questions qui divisent. Et, enfin de compte, l’appel à un consensus a été de nouveau lancé.

Comment les vues peuvent-elles être conciliées ? La question demeure. Mais, l’appel date de bien avant le passage à Kin La belle de la délégation des Nations Unies venue fraichement de New York. En effet, bien avant, c’est les prélats catholiques, à travers la CENCO, qui avaient lancé cette interpellation. Et, loin même des personnes et structures, le bon sens, la chose la mieux partagée du monde selon Descartes, dégage clairement dans toutes les consciences l’évidence qu’il faille trouver un consensus électoral autour des joutes de décembre 2018.

Ce, parce que le climat postélectoral reste conditionné par l’acceptabilité des élections. Or, jusque-là, machine à voter et fichier électoral divisent. D’où, la question : le verdict des urnes du scrutin du 23 décembre peut-il être accepté sans consensus sur ces deux dossiers torrides?

Jambordc.info

 

 

 

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