Bukavu : Pénurie en eau potable, voici le casse-tête des habitants de Muhungu


Les habitants de la cellule Muhungu au quartier Ndendere dans la commune d’Ibanda font face à un défi majeur, l’eau potable. Des jeunes et des femmes se réveillent vers 3heures du matin pour s’approvisionner en cette denrée devenue rare à Muhungu depuis le mois de juin 2017. Désormais, ils effectuent près de 3 kilomètres à pieds allée et retour avec ou sans eau, autant de fois le jour. Le service fournisseur, la Regideso, devrait voler à leur secours par le raccordement en eau potable, seule solution pour ces habitants de la ville de Bukavu.

Dans un entretien avec jambordc.info, plusieurs jeunes filles décrient cette pénurie qui ne reste sans conséquences néfastes directes et indirectes sur les habitants.

Rachel Kitumaini, une jeune fille d’environs 15 ans, d’un teint noir babillée en robe verte est à la recherche de l’eau depuis 4h du matin. Un  bidon de 20 litres au dos et un autre de 10 litres à la main.

« Je viens de l’avenue industrielle, c’est dans la commune de Kadutu à la recherche de l’eau  car ça fait longtemps que nous n’en avons pas. L’eau ne coule plus à nos robinets depuis le mois de juin. Nous allons puiser dans les avenues Kangambo, Route d’Uvira et parfois Industrielle. C’est l’eau que nous utilisons pour tous les travaux comme préparer la nourriture, faire la lessive, la vaisselle, pour le bain et d’autres besoins », explique-t-elle.

Claudine Matembera, une jeune fille d’environ 16ans, habite Muhungu Lavoix. Elle craint pour les jeunes filles qui recherchent de l’eau dans la soirée, exposées à des risques de viol, de vol ou d’accidents.

« Si vous n’avez pas puisé tôt le matin, vous le pouvez dans la soirée. Mais, nous avons peur parfois de rencontrer des bandits, des Maibobo et d’autres jeunes qui peuvent nous violer et voler nos téléphones. Le soir, l’eau coule souvent à partir de 19h et, nous sommes obligées de traverser la route avec les risques d’être percutée par des véhicules (…) C’est un danger pour nous »,  déplore-t-elle.

En dépit des risques sécuritaires, cette situation présente d’autres conséquences physiques et sur le rendement scolaire des élèves qui se réveillent également tôt pour cette fin.

« J’arrive souvent fatigué en classe et je suis difficilement les cours. Je somnole parfois en classe, et je crois que c’est ce qui est à la base de mon échec à la première période », regrette Kitumaini.

Plusieurs parents crient au secours. Ils rappellent la Regideso à trouver des solutions  à cette crise en eau potable.

Muhungu vient de s’ajouter à la liste des parties de la ville qui souffrent du manque d’eau telles que le quartier Panzi et une grande partie du quartier Nyalukemba dans la commune d’Ibanda. Ici, les habitants utilise les eaux du lac Kivu, de la rivière Ruzizi ou des puits impropres appelés communément « Bizola » avec tous les risques d’attraper le choléra et d’autres maladies hydriques.

Nos efforts ont été vains pour contacter la direction de la Regideso, le service distributeur d’eau potable dans la ville de Bukavu.

Loni  Irenge Joël

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